vendredi, janvier 25, 2008

Un torride quickie comme cookie

Par Jacques Rancourt
Mes autres poèmes

Peu importe si c’est Lili ou Mimi ou Suzie
Je serai de toute façon en bonne compagnie
Ses petits cris me réclament à grands cris
Il me faut cinq minutes et ce n’est pas une lubie

J’ai une si forte envie
Qu’il me faut vite un quickie
Je ne puis souffrir aucun répit
Il me faut à tout prix ce cookie

Pas question de flattage
Non c’est une petite vite
Rapide coquine et torride
Cassons la routine vite

L’art du petit coup
L’art du quickie
Vite fait
Bien fait

Effréné
Rapide
Ce petit coup
C’est la vie

Mon quickie
Tu seras
Mon cookie
Pour la vie

jeudi, janvier 24, 2008

Le droit à la tristesse

Par Jacques Rancourt
Mes autres poèmes

Je revendique le droit à la tristesse
Comme l’âme a droit à la tendresse
Dans mes moments de détresse
Je veux sombrer dans la tristesse

Non je ne veux pas d’antidépresseurs
Quand me frappe soudainement le malheur
Je ne cherche pas la pilule de bonheur
Je veux que la tristesse gonfle mon cœur

La vie est une suite de pertes
Même si cela nous déconcerte
L’herbe ne reste pas toujours verte
Il n’est pas toujours question de retraite

Il est inéluctable ce destin
Perte du travail
Perte de la résidence
Perte de la santé
Perte de l’autonomie
Perte des amis

La condition humaine impose cette tristesse
Impossible de contourner cette détresse
Faisons de cette tristesse notre maîtresse
Essayons d’y trouver une certaine ivresse

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©Photo prise par Jacques Rancourt des ruines de la grange ancestrale

dimanche, janvier 20, 2008

Saurais-je un jour

Par Jacques Rancourt
Mes autres poèmes

Si la mort est
ce qui est inévitable
où trouverais-je une consolation
à la perspective d’un tel destin

Si une larme coule
signe de mon impuissance
où puiserais-je la force
d’affronter pareille issue

Pourquoi ce silence
Pourquoi cette tristesse
Lentement la toile se tisse
Comment éviter la douleur

Si au moins on m’offrait un carrefour
Si on moins je pouvais choisir
Pas de sursis pas d’alternative
Pas de chômage pour les aiguilles du temps

Je vois bien sur mon corps
Les affres du temps qui passe
Comment happer ce qui m’échappe
Je suis pris dans une telle écharpe

Saurais-je trouver près de la mer
Saurais-je trouver les pieds dans le sable
Un soleil qui éclaire mon monde intérieur
Saurais-je un jour le pourquoi du passage

Ces êtres dans ma vie
Cette petite planète
Ces mers, ces montagnes
Ces plaines, ces forêts
Cet infini secret des choses

Le vent de lointains rivages
Me chuchotera un probable secret

jeudi, janvier 17, 2008

Après l’acmé

Par Jacques Rancourt
Mes autres poèmes

La vie un acmé
La mort un déclin
La mort sans remords
La mort sans perdre le Nord

La vie un combat corps à corps
Quand viendra le son du cor
Tu devineras à cor et à cri
Qu’en est jeté le sort

Sans prendre le mors aux dents
Tu verras approcher le croque-mort
Tu auras ainsi touché à l’acmé de la vie
Tu auras ainsi droit à un éternel répit

Il se fait tard
Il fait froid dehors
Tu as quitté la vie sans bruit
Tu vis maintenant l’après

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Photo prise par Guy Rancourt

jeudi, janvier 10, 2008

Rien n'est tabou pour le poète

Par Jacques Rancourt
Mes autres poèmes

Rien n'est tabou pour le poète
Parfois il exprime ce qu'on ne veut pas lire
Il sait que la réalité dépasse la fiction
Visitez les prisons
Visitez les mouroirs des personnes âgées
Visitez les camps de prisonniers
Visitez la bande de Gaza.
Visitez les bidonvilles

Remerciez le ciel de vivre dans un univers douillet
La mort, la maladie, la démence,
la faim, la solitude, le désespoir
la guerre, l’ignorance, le suicide

Parfois la lumière est difficile à apercevoir
au bout du tunnel.
Parfois le soleil tarde à se pointer à l'horizon
Parfois la rivière sort de son lit et inonde tout
Parfois la folie collective balaie tout sur son passage
Parfois le mal de vivre aveugle toute espérance

Rien n’est tabou pour le poète
Oui, il est le chantre de la lumière
Oui, il est un soleil qui brille
Oui, il se repose près de la rivière
Mais il dénonce les ténèbres
Mais il sort dehors les nuits d’orage
Mais il rêve de sagesse dans un monde trop fou

Le poète trouve en lui une immense paix
à jardiner
à rire
à cueillir un pissenlit
à regarder sauter une sauterelle
à contempler les hirondelles
à écrire des mots d’amour

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© Photo prise par Andrée Lessard au Lac Poulin (Québec)

mercredi, janvier 09, 2008

Apogée désertique

Par Jacques Rancourt
Mes autres poèmes

Devant ton silence hier
Une tristesse infinie
Un son inaudible semble gémir
Si peu de bruit
Dans cette pièce vide
Où gravitent tant de souvenirs

Devant tes cris maintenant
Une folie à peine retenue
Une avalanche semble tout faucher
Tant de clameurs
Dans cet univers rempli
Où croupissent tant de peurs

Devant ta mort imminente
Un vide désertique
Un dernier regard d’épouvante
Avant le saut dans le vide

Où gisent tant de vies vaincues

mardi, janvier 08, 2008

Le rocher de Sisyphe

Par Jacques Rancourt
Mes autres poèmes

Tu es Sisyphe, le fils d’Éole et de Méropée
Tu roules pour l’éternité un rocher en haut d’une montagne
Tu vois ton rocher retomber aussitôt sur l’autre versant
Tu dois alors le ramener à nouveau au sommet sans repos

Suis-je si différent de toi, mon cher Sisyphe
Quand je regarde ma vie et celle de mes contemporains
Que vois-je, qu’entends-je, qu’est-ce que j’observe
La plupart du temps mon rocher c’est la routine

Je dors, je me lève, je me lave, je mange, je copule
Je travaille, je me repose, je lis, je regarde la télévision
Je visite, je salue, je soigne ma chatte, j’éternue
Je somnole, je danse, je pense, je parle, je me tais

Nous avons tous un rocher à ramener au sommet
Un jour ce rocher deviendra une pierre tombale
Ah ces Grecs et leurs légendes si proches de la réalité

Une chance qu’il me reste l’imaginaire, cher Sisyphe

jeudi, janvier 03, 2008

La marche vers l'absolu

Par Jacques Rancourt
Mes autres poèmes


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Photo prise par Guy Rancourt

mardi, janvier 01, 2008

Le courage de la désespérance

Par Jacques Rancourt
Mes autres poèmes

Je suis un poète qui gueule la désespérance
Race de ceux pour qui l’homme est un loup
Et j’ai le mal de constater que les marais sont denses
Quand vient la nuit où tout sombre dans l’indifférence

Tout le passé natal de mes ancêtres remue mes mémoires
Défilent David, François-Xavier, Charles-Eugène
Bûcherons, jobbeurs, cultivateurs, travailleurs à la dure
Suant dans une nature hostile et inhospitalière à grosses gouttes

Et je rêve d’aller dans ces contrées sentir l’humus des forêts
J’entends leurs voix rudes et les sacres sortir de leurs bouches gelées
Qu’ils ont construit ce pays de froidure avec l’arme de la droiture
Et j’admire leur courage et leur ténacité prisonniers de leurs devoirs

Quand s’abattait sur eux le terrible destin avec ses jours sombres
Ils maudissaient en secret leurs conditions d’apatrides et d’esclaves
Ils maudissaient sans le crier tout haut les malédictions proférées
La torpeur des nuits sauvages avait raison des soubresauts de conscience

Mais quand je regarde mon monde à l’aube d’une année nouvelle
Je retournerais volontiers loin des sinistres apparitions télévisées
J’errerais sans but dans ces vastes forêts pour oublier d’où je viens
Je supplierais les branches de battre la mesure de ma désespérance

Trouverais-je dans ma douleur quelques gouttes de joies cachées
Que dans le silence j’entends bruire quelques clapotis venant d’un bisse
Montre jusqu’à quel point j’ai mal dans mon corps et dans mes pensées
Trouverais-je la paix qu’en fouillant dans les profonds abysses de mon être

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Photo prise par Guy Rancourt près de chez lui (Bic, Québec, Canada)